Vous est-il déjà arrivé de vous
tromper de billet dans les transports publics ? Certainement
oui, à moins que vous ne les preniez jamais. Entre autres pièges,
citons la documentation de TransN (Transports publics neuchâtelois),
qui précise que le « court parcours » à 1.90 est
valable pour 30 minutes, indépendamment du nombre d'arrêts, sur
« les réseaux urbains respectifs des villes de La
Chaux-de-Fonds et du Locle ». Seul le mot « respectif »
indique que pour un trajet d'une ville à l'autre, le billet est à
2.20. Cette petite inattention à 30 centimes suffit à faire de vous
un « semi-fraudeur » et vous donnera droit à un fichage
en règle dans les dossiers de TransN, ainsi qu'à une amende de 75
francs,
soit 250 fois le montant de votre étourderie. Si, indigné par ce
multiplicateur astronomique, vous refusez de vous en acquitter
immédiatement, l'amende passera alors à 140
francs après une dizaine de jours, soit 467 fois le montant de votre
« semi-fraude », comme cela est arrivé récemment à une dame de 78 ans.
Le but de TransN est-il de servir la population
ou de la dégoûter des transports publics?
Ce blog rassemble pour l'essentiel mes textes parus dans la presse suisse romande, notamment dans l'Impartial/l'Express, Gauchebdo, le Courrier, Domaine public et le Temps.
Affichage des articles dont le libellé est Neuchâtel. Afficher tous les articles
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13 juin 2013
15 mai 2013
Eloge des éditos de M.Willemin
Dans un éditorial récent, Nicolas Willemin
se désolait à juste titre du bas niveau des débats lors de la campagne
électorale. En lisant l'Impartial et l'Express, on trouve quelques
motifs de lui donner raison. En mars, nous étions gratifié de deux longs
articles sur le prix du repas de la St-Valentin au Locle, affaire
fondamentale qui menaçait de déstabiliser les autorités locales, de
discréditer le POP et de faire perdre à la gauche sa majorité au Grand
Conseil. En date du deux mai, juste entre les deux tours, on apprend que
Thierry Grosjean a été amendé pour étourderie, n'ayant pas su acheter
le bon billet de train. Il n'a du coup plus la moindre chance d'être
élu. Voilà le triste point final de sa courte carrière politique!
Dans un autre éditorial, Nicolas Willemin s'inquiétait de la trop grande place prise dans notre société par l'obsession de la compétition et de la performance, à tel point que même les sportifs amateurs en arrivent à se doper. Une fois de plus, la lecture de nos quotidiens régionaux lui donne raison, le cahier sportif étant tellement épais qu'on transpire rien qu'en tournant les pages. J'ai donc bon espoir que si M.Willemin devient un jour rédacteur en chef de l'Impartial et l'Express, il en améliorera considérablement la qualité. Comment? Il l'est déjà? Zut alors, je n'ai rien dit...
Dans un autre éditorial, Nicolas Willemin s'inquiétait de la trop grande place prise dans notre société par l'obsession de la compétition et de la performance, à tel point que même les sportifs amateurs en arrivent à se doper. Une fois de plus, la lecture de nos quotidiens régionaux lui donne raison, le cahier sportif étant tellement épais qu'on transpire rien qu'en tournant les pages. J'ai donc bon espoir que si M.Willemin devient un jour rédacteur en chef de l'Impartial et l'Express, il en améliorera considérablement la qualité. Comment? Il l'est déjà? Zut alors, je n'ai rien dit...
01 septembre 2012
Deux trajets pour le prix d'un
Toutes les dépenses sont désagréables,
mais certaines sont parfois incontournables. Ainsi, il est idiot de
repousser une visite chez le dentiste pour faire des économies. De
même, dans notre pays où on se déplace de plus en plus, il faut
investir dans les transports publics. Même les automobilistes les
plus accros, incapables de marcher cinq minutes (pour de bonnes ou de
mauvaises raisons), ont tout intérêt à ce qu'on transfère une
partie du trafic vers le rail. La Vue-des-Alpes est déjà saturée.
En 2022, date prévue pour la mise en service, le Transrun sera
devenu urgent pour accueillir au moins une partie des automobilistes
en trop. On devra aussi augmenter les cadences sur les autres lignes.
Or, le Transrun, qui entrera à Neuchâtel par le côté est,
laissera de la place à l'ouest, dans le fameux goulet de Vauseyon,
pour d'avantage de trains en direction de Fleurier ou Lausanne.
De sympathiques amateurs proposent des
alternatives au Transrun. Ils ne rendent pas compte que les CFF ne
creusent pas des tunnels au hasard, mais en fonction de l'ensemble du
réseau suisse, en établissant les horaires des années à l'avance
pour 75 000 trains par jour.
En réduisant de moitié la distance
entre Neuch et la Tchaux, on usera deux fois moins les locomotives et
les wagons et on payera deux fois moins longtemps le personnel. On
pourra donc faire deux trajets pour le prix d'un, même si on ne sait
pas encore si l'argent ainsi économisé sera utilisé pour faire
baisser le prix du billet, pour financer les lignes de bus pour les villages ou simplement pour
améliorer le budget de l'Etat et compenser une partie des frais de
percement du tunnel.
13 mai 2012
Plus on gagne, moins on paie!
Il y a des notions peu connues que tout le monde devrait connaître. Ainsi, il est regrettable que la différence entre le taux d'imposition moyen et le taux marginal ne soit pas enseigné dans les écoles, où les mathématiques sont souvent trop éloignées des réalités concrètes. Prenons l'exemple d'une personne domiciliée à La Chaux-de-Fonds dont le revenu imposable est de 40 000 francs. Elle devra payer un impôt, commune et canton compris, de 16% ; c'est le taux moyen. Si son revenu augmente, chaque franc supplémentaire sera imposé à 28% ; c'est le
taux marginal. Ce que le contribuable doit payer au total représente donc un pourcentage moindre que ce qu'il doit payer sur la partie supérieure de son revenu. Celui-ci est découpé en tranches qui sont chacune imposées à un taux différent : 0% pour les 5000 premiers francs, 4% pour les 5000 francs suivants, etc. Ce taux augmente sans cesse jusqu'à atteindre 36% pour la partie du revenu située entre 150 000 et 180 000 francs, puis - surprise!- redescend à 29% à partir de 180 000 francs. Les augmentations de salaires sont donc moins imposées pour les très très gros revenus que pour les très gros revenus. On peut se demander si la majorité des habitants du canton pense vraiment qu'il s'agit d'un bon système, pour autant qu'on veuille bien le lui expliquer. Il est regrettable que la commission de fiscalité, dans son rapport du 23 mai, se contente de proposer de baisser légèrement ces taux (34% entre 155 000 et 195 000 francs et 28,23% à partir de 195 000 francs). Une remise en question plus approfondie aurait été souhaitable.
N.B. : Pour les habitants d'autres communes, les chiffres peuvent être différents de ceux de la Chaux-de-Fonds, mais le raisonnement sera exactement le même. A tout cela s'ajoute bien sûr l'impôt fédéral direct. Là, il faut être vraiment richissime pour voir le taux marginal baisser. Pour les célibataires, 13,5% entre CHF 134 000.- et CHF 755 000.-, puis 11,5% à partir de CHF 755 000.-; pour les couples mariés, 13,2% entre CHF 145 000.- et 895 000.-, puis 11.5%.
taux marginal. Ce que le contribuable doit payer au total représente donc un pourcentage moindre que ce qu'il doit payer sur la partie supérieure de son revenu. Celui-ci est découpé en tranches qui sont chacune imposées à un taux différent : 0% pour les 5000 premiers francs, 4% pour les 5000 francs suivants, etc. Ce taux augmente sans cesse jusqu'à atteindre 36% pour la partie du revenu située entre 150 000 et 180 000 francs, puis - surprise!- redescend à 29% à partir de 180 000 francs. Les augmentations de salaires sont donc moins imposées pour les très très gros revenus que pour les très gros revenus. On peut se demander si la majorité des habitants du canton pense vraiment qu'il s'agit d'un bon système, pour autant qu'on veuille bien le lui expliquer. Il est regrettable que la commission de fiscalité, dans son rapport du 23 mai, se contente de proposer de baisser légèrement ces taux (34% entre 155 000 et 195 000 francs et 28,23% à partir de 195 000 francs). Une remise en question plus approfondie aurait été souhaitable.
N.B. : Pour les habitants d'autres communes, les chiffres peuvent être différents de ceux de la Chaux-de-Fonds, mais le raisonnement sera exactement le même. A tout cela s'ajoute bien sûr l'impôt fédéral direct. Là, il faut être vraiment richissime pour voir le taux marginal baisser. Pour les célibataires, 13,5% entre CHF 134 000.- et CHF 755 000.-, puis 11,5% à partir de CHF 755 000.-; pour les couples mariés, 13,2% entre CHF 145 000.- et 895 000.-, puis 11.5%.
03 avril 2012
Incarnation et désirs charnels.
Et si Jésus avait été gay ? Tel est le thème amusant d'une exposition
de la galerie C à Neuchâtel (Le Matin, 2 avril). Hypothèse pas
vraiment probable, mais pas impossible non plus. Le Christ ayant eu la
chance de vivre à une époque sans paparazzi, nous ignorons tout de sa
vie intime. Ce sujet n'intéresserait d'ailleurs personne si l'Eglise,
obsédée qu'elle est par la sexualité, n'insistait pour affirmer que le
fils de dieu aurait répugné à s'incarner dans un corps vraiment humain
et à ressentir les mêmes désirs et plaisirs charnels que tout un
chacun. Le débat ayant ainsi été lancé par le Vatican, il est normal
que les artistes s'en emparent. Il n'y a absolument rien d'obscène à
imaginer que le Christ ait pu aimer, avec son corps, des femmes ou des
hommes.
de la galerie C à Neuchâtel (Le Matin, 2 avril). Hypothèse pas
vraiment probable, mais pas impossible non plus. Le Christ ayant eu la
chance de vivre à une époque sans paparazzi, nous ignorons tout de sa
vie intime. Ce sujet n'intéresserait d'ailleurs personne si l'Eglise,
obsédée qu'elle est par la sexualité, n'insistait pour affirmer que le
fils de dieu aurait répugné à s'incarner dans un corps vraiment humain
et à ressentir les mêmes désirs et plaisirs charnels que tout un
chacun. Le débat ayant ainsi été lancé par le Vatican, il est normal
que les artistes s'en emparent. Il n'y a absolument rien d'obscène à
imaginer que le Christ ait pu aimer, avec son corps, des femmes ou des
hommes.
31 janvier 2012
Langue de bois à La Chaux-de-Fonds
En haut, sur le plan 1, nous sommes plongés dans le chaos. Bientôt, tout sera ordre, calme et limpidité, comme on le voit sur le plan 2. Tel est le message subliminal qu'essaient de faire passer les autorités chaux-de-fonnières au sujet du projet de réaménagement de la Place de Gare. Pourtant, un examen même rapide du plan 2 permet de constater que le soi-disant "espace piéton" est partagé avec des bus, alors que l'autoproclamé "espace détente" est traversé par des voitures. On sait que les autorités chaux-de-fonnières sont échaudées par le rejet de plusieurs projets d'urbanisme en votation. Apparemment, elles en ont définitivement tiré la conclusion que le peuple est idiot. (source: http://www.placedelagare.ch/circulations.php)
...
| Plan 1. Avant transformation. Le chaos. |
| Plan 2. Après transformation. Ordre, calme et volupté |
18 janvier 2012
Rendons justice à Bonhôte !
Avez-vous déjà entendu parler de
chômeurs qui continuent à toucher leurs indemnités après avoir
retrouvé un emploi ? Oui. Il s'agit de gens bien connus :
les conseillers communaux ou conseillers d’État à la retraite. Il
y a pourtant des exceptions. L'Impartial et l'Express du 13 janvier
2012 nous apprennent que Pierre Bonhôte, ancien conseiller communal
socialiste à Neuchâtel, se sent discriminé parce qu'il n'a touché
que 49 mensualités. Ne croyez pas qu'il a perdu sa rente à cause de
l'emploi fort bien payé qu'il occupe, celui de chimiste cantonal.
Son indemnité était limitée dans le temps parce qu'il a quitté
ses fonctions avant 40 ans. Quatre ans, c'est deux fois plus que ce
que peut percevoir un chômeur ordinaire, mais c'est évidemment
beaucoup moins que la rente à vie que souhaitait M. Bonhôte.
On pourrait remédier à son terrible
sentiment d'injustice en supprimant le système de rente à vie.
Celui-ci sert soi-disant à aider ses bénéficiaires à se
réinsérer, mais alors j'aimerais qu'on explique pourquoi une
personne qui a retrouvé un emploi continue à percevoir une aide.
Certes, les retraités de luxe des exécutifs ne sont pas tous
pourris, car certains reversent leur rente à leur parti, mais
ceux-ci pourraient très bien être financés autrement. S'il y avait
une votation, les rentes à vie seraient balayées par le peuple.
Malheureusement, on ne peut guère compter sur les milieux politiques
pour mettre ce sujet sur la table.
09 janvier 2012
Le président a la mémoire Kurth
« La Chaux-de-Fonds et l'Arc
jurassien sont bel et bien le berceau de l'industrie horlogère »,
affirme M. Laurent Kurth (Impar/Express, 7 janvier). Même si le
marché du tic-tac est peut-être plus soucieux de bling bling que de
vérité historique, on est en droit d'attendre, de la part du
président de la Ville de la Chaux-de-Fonds, des connaissances un
petit peu plus exactes au sujet de l'industrie de la précision,
qu'il a la charge de défendre. N'en déplaise aux adeptes du
cocorico, il n'y avait guère que des loups dans nos montagnes au
XIIIème siècle, lorsque les premières horloges mécaniques furent
construites à l'étranger. Plus près de nous dans le temps, le plus
grand horloger de l'Histoire fut sans doute l'Anglais John Harrison
(1693-1776). Grâce à des années de travail acharné, ce simple
charpentier parvint, au nez et à la barbe des plus grands
intellectuels, à trouver une solution au grand problème de son
époque : la mesure en mer de la longitude (position sur l'axe
est-ouest). Il était nécessaire de savoir l'heure pour déterminer
la position du navire en fonction des étoiles, car la terre tourne.
John Harrison fut le premier à fabriquer des garde-temps
suffisamment précis, qui plus est résistants aux dures conditions
de l'océan, évitant ainsi de nombreux naufrages. Il est dommage que
ces faits ne soient pas mieux connu en nos terres horlogères.
Espérons que le futur Musée d'Histoire saura replacer notre industrie dans son contexte international.
19 décembre 2011
Tais-toi et mange !
Les pauvres doivent-ils « fermer leur gueule » ?
Le restaurant social Ekir, à La Chaux-de-Fonds, sert depuis bientôt trois ans des repas de qualité à sept francs. Le travail y est en totalité effectué par des bénévoles. Parmi ceux-ci, des gens « comme tout le monde » côtoient sur un pied d'égalité des personnes dont le parcours a été plus difficile, dont un certain nombre de bénéficiaires des services sociaux ou de l'AI, pour qui les programmes d'insertion officiels sont souvent trop rigides. Ici, chacun peut venir travailler à son propre rythme, régulièrement ou une fois de temps à autre. Il n'y a aucune hiérarchie et toutes les décisions sont prises par l'assemblée du mercredi, ouverte à tous les bénévoles.
Ce fonctionnement particulier n'est pas toujours bien compris, ni bien accepté, par des « bien-pensants » qui estiment que la « réinsertion » devrait se faire sous la supervision de travailleurs sociaux. D'autres vont jusqu'à remettre en cause la liberté d'expression d'Ekir.
Ainsi, en septembre dernier, l'association s'est fait taper sur les doigts parce qu'elle avait osé contacter la presse locale pour se plaindre du niveau trop bas des subventions versées par la Ville de la Chaux-de-Fonds. Elle s'est fait immédiatement remettre à l'ordre par la conseillère communale (exécutif) Annie Clerc, affirmant que « si une décision de subvention doit être remise en cause, elle devrait l'être par un courrier ou par une demande de rencontre ».
Plus récemment, l'association Table suisse, qui récupère les invendus des supermarchés et les redistribue, n'a pas admis qu'Ekir collabore à la pétition des Indignés de La Chaux-de-Fonds, qui exige que la Migros Neuchâtel-Fribourg cesse de jeter ses surplus et les donne plutôt à ... Table suisse. Bien que la pétition ait rencontré un important succès et que la Migros se soit rapidement déclarée prête à négocier, Table suisse, craignant que ce genre de méthodes nuise à ses relations avec ses fournisseurs, s'en est vigoureusement désolidarisé, n'hésitant pas à parler de « pseudo-victoire ». On peut comprendre et respecter ce point de vue. En revanche, le chantage exercé par Table suisse laisse songeur : « Si une situation similaire venait à se reproduire, nous serions dans l'obligation de cesser immédiatement et de manière définitive toute livraison à votre association. Décision qui serait probablement plus lourde de conséquences pour vous que pour nous ».
On pourrait croire que la liberté d'expression, garantie par l'article 16 de la Constitution, devrait aller de soi dans la Suisse de 2011. Pourtant, d'aucuns estiment visiblement que toute personne ou association bénéficiaire d'une aide, en espèce ou en nature, ne devrait pas s'exprimer publiquement sans l'autorisation de ses bienfaiteurs. Comme l'avait dit l'ancien président de Neuchâtel Xamax, Silvio Bernasconi, « que ceux qui n'ont pas d'argent ferment leur gueule » !
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Le restaurant social Ekir, à La Chaux-de-Fonds, sert depuis bientôt trois ans des repas de qualité à sept francs. Le travail y est en totalité effectué par des bénévoles. Parmi ceux-ci, des gens « comme tout le monde » côtoient sur un pied d'égalité des personnes dont le parcours a été plus difficile, dont un certain nombre de bénéficiaires des services sociaux ou de l'AI, pour qui les programmes d'insertion officiels sont souvent trop rigides. Ici, chacun peut venir travailler à son propre rythme, régulièrement ou une fois de temps à autre. Il n'y a aucune hiérarchie et toutes les décisions sont prises par l'assemblée du mercredi, ouverte à tous les bénévoles.
Ce fonctionnement particulier n'est pas toujours bien compris, ni bien accepté, par des « bien-pensants » qui estiment que la « réinsertion » devrait se faire sous la supervision de travailleurs sociaux. D'autres vont jusqu'à remettre en cause la liberté d'expression d'Ekir.
Ainsi, en septembre dernier, l'association s'est fait taper sur les doigts parce qu'elle avait osé contacter la presse locale pour se plaindre du niveau trop bas des subventions versées par la Ville de la Chaux-de-Fonds. Elle s'est fait immédiatement remettre à l'ordre par la conseillère communale (exécutif) Annie Clerc, affirmant que « si une décision de subvention doit être remise en cause, elle devrait l'être par un courrier ou par une demande de rencontre ».
Plus récemment, l'association Table suisse, qui récupère les invendus des supermarchés et les redistribue, n'a pas admis qu'Ekir collabore à la pétition des Indignés de La Chaux-de-Fonds, qui exige que la Migros Neuchâtel-Fribourg cesse de jeter ses surplus et les donne plutôt à ... Table suisse. Bien que la pétition ait rencontré un important succès et que la Migros se soit rapidement déclarée prête à négocier, Table suisse, craignant que ce genre de méthodes nuise à ses relations avec ses fournisseurs, s'en est vigoureusement désolidarisé, n'hésitant pas à parler de « pseudo-victoire ». On peut comprendre et respecter ce point de vue. En revanche, le chantage exercé par Table suisse laisse songeur : « Si une situation similaire venait à se reproduire, nous serions dans l'obligation de cesser immédiatement et de manière définitive toute livraison à votre association. Décision qui serait probablement plus lourde de conséquences pour vous que pour nous ».
On pourrait croire que la liberté d'expression, garantie par l'article 16 de la Constitution, devrait aller de soi dans la Suisse de 2011. Pourtant, d'aucuns estiment visiblement que toute personne ou association bénéficiaire d'une aide, en espèce ou en nature, ne devrait pas s'exprimer publiquement sans l'autorisation de ses bienfaiteurs. Comme l'avait dit l'ancien président de Neuchâtel Xamax, Silvio Bernasconi, « que ceux qui n'ont pas d'argent ferment leur gueule » !
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27 novembre 2011
24 novembre 2011
Prunelle de l'oeil de Dieu, mon oeil !
« Israël, prunelle de l’œil de Dieu ». Chacun aura lu sur les murs de nos régions ce slogan qui fait la promotion d'un pays maintes fois condamné par les Nations-Unies, qui mène une politique coloniale brutale à l'encontre du peuple palestinien. Ces affiches, qui postulent la supériorité d'un peuple sur les autres, sont racistes, de la même façon qu'il est raciste de prétendre que la race blanche est une race supérieure, même si on ne dit rien de négatif sur les Noirs ou les Chinois. Il est normal et même sain que certaines personnes aient réagi par des graffitis. Cela n'est certes pas légal, mais s'agissant d'affiches qui devraient elles-mêmes tomber sous le coup de la loi contre le racisme, c'est une réponse proportionnée. Les graffiteurs n'ont pour l'instant pas dérapé vers l'antisémitisme comme on aurait pu le craindre, ce qui est réjouissant pour la communauté juive et pour tout le monde. Si les afficheurs ont réagi par une plainte pénale pour dommage à la propriété, comme on peut le lire dans l'Impartial et l'Express du 23 novembre, c'est probablement parce qu'ils n'ont pas d'autres arguments à faire valoir. Si vraiment ils sont ignorants au point de s'imaginer une seule seconde que le message qu'il véhiculent est « d'ordre spirituel et non pas politique », si vraiment ils ne savent pas que Dieu est utilisé comme argument dans une lutte féroce pour la terre et l'accès à l'eau, alors espérons que cette affaire leur donnera l'occasion de réfléchir quelque peu.
Paru dans l'Impartial
Paru dans l'Impartial
10 novembre 2011
La droite Pinocchio contre le salaire minimum
La droite a décidé d'attaquer... par la gauche. Voilà ce qui se passe en ce moment dans les cantons de Genève et Neuchâtel, qui voteront simultanément, le 27 novembre, sur un salaire minimum cantonal.
A Genève, l'affiche du Mouvement Citoyen Genevois (MCG) affirme: «NON au SMIC à la française qui va faire baisser tous les salaires». L'initiative est également combattue par un, excusez du peu, «Comité contre la baisse des salaires».
A Neuchâtel, les électeurs ont découvert dans leur boîte aux lettres un tract au titre des plus étonnants: «Salaire minimum fixé par l'Etat à 2'500 francs? Non merci, c'est indécent!» Dans ce brûlot «ultra-gauchiste» de la CNCI (Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie) et de l’UNAM (Union cantonale neuchâteloise des arts et métiers), on lit aussi que le salaire minimum entraîne «une baisse généralisée des salaires». On se demande bien par quelle mystérieuse contagion l'ensemble des rémunérations devrait être tiré vers le bas. Certes, le tract nous apprend qu’en France, lors de l'introduction du SMIC il y a plus de 30 ans, «environ 10% des travailleurs étaient payés à ce niveau-là. Ils sont actuellement plus de 16%.» Pourtant, aucune loi n'empêche les patrons français d'augmenter ces salaires. En revanche, s'ils avaient le droit de les diminuer, on peut supposer que certains utiliseraient cette possibilité. Les pourfendeurs du SMIC se focalisent sur l'exemple français et ne font jamais référence à l'Allemagne, où l'absence de salaire minimum a ouvert la porte aux pires excès, au point que même la très conservatrice CDU d'Angela Merkel est en passe d'introduire un salaire minimum qui devrait se situer autour de 8 euros de l'heure. Dans Le Temps du 31 octobre, on lit que «cinq millions de salariés touchent des salaires dérisoires. Les cas de coiffeuses payées deux euros de l’heure ou de femmes de chambre gagnant un euro par chambre nettoyée dans les hôtels ont défrayé la chronique ces derniers temps, provoquant la colère de l’opinion.» Il serait curieux de savoir ce que la droite à Neuchâtel et à Genève pense d'Angela Merkel. La suspectent-ils, par le plus terrible des machiavélismes, de vouloir introduire le salaire minimum afin de faire baisser les salaires allemands, faisant ainsi de son pays un compétiteur encore plus redoutable pour l'Europe du Sud?
Raphaël Comte bientôt syndicaliste?
Sidéré par une pareille mauvaise foi, nous avons demandé à quelques personnalités de la droite si elles cautionnaient le tract invraisemblable des patrons neuchâtelois. Seuls le conseiller d’Etat Thierry Grosjean et le président de la Ville de Neuchâtel Alain Ribaux ont eu l'intelligence de prendre leurs distances, en affirmant toutefois, sans beaucoup d'arguments, que la propagande de la gauche ne valait pas mieux que celle de la droite. Des réponses d’autres élus, ainsi que de l'analyse des débats au Grand Conseil, il faut tirer la conclusion que la droite neuchâteloise, dans son écrasante majorité, prétend réellement croire à l'abracadabrantesque théorie selon laquelle le salaire minimum représenterait un danger pour le niveau de rémunération des travailleurs. A moins que tous ces gens soient victimes d'une hallucination collective, il faut en déduire qu'il s'agit d'une stratégie délibérément mensongère. Quant au conseiller aux Etats libéral-radical Raphaël Comte, il reconnaît que la situation des travailleurs non couverts par les conventions collectives peut poser problème. Toutefois, il estime que le salaire minimum n'est pas la solution et préconise une meilleure organisation des partenaires sociaux afin que tous les secteurs puissent être conventionnés. On doit donc conseiller vivement aux syndicats de l'engager, lui qui affirme clairement que tout le monde doit bénéficier d'un salaire décent. Peut-être parviendra-t-il à faire augmenter le taux de syndicalisation...
Une négligence bénigne de solidaritéS et de la gauche
Malgré toute la monstruosité du tract patronal, on peut malgré tout, sur un point, lui donner partiellement raison. Il renvoie à un arrêt du Tribunal fédéral selon lequel «le salaire minimum devrait se situer à un niveau relativement bas, proche du revenu minimal résultant des systèmes d'assurance ou d'assistance sociale, sous peine de sortir du cadre de la "politique sociale" pour entrer dans celui de la "politique économique" et, donc, d'être contraire à la liberté économique». Or, la documentation de solidaritéS ne fait pas mention de cet arrêt du Tribunal fédéral, qui annulait l’invalidation par le Grand Conseil genevois de l’initiative pour un salaire minimum déposée dans ce canton par solidaritéS, justement. Bien entendu, les militants de solidaritéS veulent vraiment un salaire minimum à 4’000 francs et leur recommandation de vote va vraiment dans ce sens. Ils ne disent donc pas l'exact inverse de ce qu'ils pensent et leur négligence bénigne n'est pas du tout à mettre sur le même plan que l'hypocrisie patronale. Malgré tout, si la gauche veut vraiment améliorer le niveau de culture politique, il convient de dire toute la vérité aux citoyens, sans faire miroiter des promesses qui ne peuvent être tenues.
A Genève, l'affiche du Mouvement Citoyen Genevois (MCG) affirme: «NON au SMIC à la française qui va faire baisser tous les salaires». L'initiative est également combattue par un, excusez du peu, «Comité contre la baisse des salaires».
A Neuchâtel, les électeurs ont découvert dans leur boîte aux lettres un tract au titre des plus étonnants: «Salaire minimum fixé par l'Etat à 2'500 francs? Non merci, c'est indécent!» Dans ce brûlot «ultra-gauchiste» de la CNCI (Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie) et de l’UNAM (Union cantonale neuchâteloise des arts et métiers), on lit aussi que le salaire minimum entraîne «une baisse généralisée des salaires». On se demande bien par quelle mystérieuse contagion l'ensemble des rémunérations devrait être tiré vers le bas. Certes, le tract nous apprend qu’en France, lors de l'introduction du SMIC il y a plus de 30 ans, «environ 10% des travailleurs étaient payés à ce niveau-là. Ils sont actuellement plus de 16%.» Pourtant, aucune loi n'empêche les patrons français d'augmenter ces salaires. En revanche, s'ils avaient le droit de les diminuer, on peut supposer que certains utiliseraient cette possibilité. Les pourfendeurs du SMIC se focalisent sur l'exemple français et ne font jamais référence à l'Allemagne, où l'absence de salaire minimum a ouvert la porte aux pires excès, au point que même la très conservatrice CDU d'Angela Merkel est en passe d'introduire un salaire minimum qui devrait se situer autour de 8 euros de l'heure. Dans Le Temps du 31 octobre, on lit que «cinq millions de salariés touchent des salaires dérisoires. Les cas de coiffeuses payées deux euros de l’heure ou de femmes de chambre gagnant un euro par chambre nettoyée dans les hôtels ont défrayé la chronique ces derniers temps, provoquant la colère de l’opinion.» Il serait curieux de savoir ce que la droite à Neuchâtel et à Genève pense d'Angela Merkel. La suspectent-ils, par le plus terrible des machiavélismes, de vouloir introduire le salaire minimum afin de faire baisser les salaires allemands, faisant ainsi de son pays un compétiteur encore plus redoutable pour l'Europe du Sud?
Raphaël Comte bientôt syndicaliste?
Sidéré par une pareille mauvaise foi, nous avons demandé à quelques personnalités de la droite si elles cautionnaient le tract invraisemblable des patrons neuchâtelois. Seuls le conseiller d’Etat Thierry Grosjean et le président de la Ville de Neuchâtel Alain Ribaux ont eu l'intelligence de prendre leurs distances, en affirmant toutefois, sans beaucoup d'arguments, que la propagande de la gauche ne valait pas mieux que celle de la droite. Des réponses d’autres élus, ainsi que de l'analyse des débats au Grand Conseil, il faut tirer la conclusion que la droite neuchâteloise, dans son écrasante majorité, prétend réellement croire à l'abracadabrantesque théorie selon laquelle le salaire minimum représenterait un danger pour le niveau de rémunération des travailleurs. A moins que tous ces gens soient victimes d'une hallucination collective, il faut en déduire qu'il s'agit d'une stratégie délibérément mensongère. Quant au conseiller aux Etats libéral-radical Raphaël Comte, il reconnaît que la situation des travailleurs non couverts par les conventions collectives peut poser problème. Toutefois, il estime que le salaire minimum n'est pas la solution et préconise une meilleure organisation des partenaires sociaux afin que tous les secteurs puissent être conventionnés. On doit donc conseiller vivement aux syndicats de l'engager, lui qui affirme clairement que tout le monde doit bénéficier d'un salaire décent. Peut-être parviendra-t-il à faire augmenter le taux de syndicalisation...
Une négligence bénigne de solidaritéS et de la gauche
Malgré toute la monstruosité du tract patronal, on peut malgré tout, sur un point, lui donner partiellement raison. Il renvoie à un arrêt du Tribunal fédéral selon lequel «le salaire minimum devrait se situer à un niveau relativement bas, proche du revenu minimal résultant des systèmes d'assurance ou d'assistance sociale, sous peine de sortir du cadre de la "politique sociale" pour entrer dans celui de la "politique économique" et, donc, d'être contraire à la liberté économique». Or, la documentation de solidaritéS ne fait pas mention de cet arrêt du Tribunal fédéral, qui annulait l’invalidation par le Grand Conseil genevois de l’initiative pour un salaire minimum déposée dans ce canton par solidaritéS, justement. Bien entendu, les militants de solidaritéS veulent vraiment un salaire minimum à 4’000 francs et leur recommandation de vote va vraiment dans ce sens. Ils ne disent donc pas l'exact inverse de ce qu'ils pensent et leur négligence bénigne n'est pas du tout à mettre sur le même plan que l'hypocrisie patronale. Malgré tout, si la gauche veut vraiment améliorer le niveau de culture politique, il convient de dire toute la vérité aux citoyens, sans faire miroiter des promesses qui ne peuvent être tenues.
03 novembre 2011
Contre-vérités au sujet du salaire minimum
J'ai été littéralement stupéfait en lisant l'article de Marc Moulin dans le Temps du 2 novembre. En effet, pour recommander le « non » au salaire minimum, les opposants genevois invoquent les mêmes arguments ahurissants que les organisations patronales neuchâteloises, dont le tract m'avait déjà profondément choqué deux jours auparavant. Rappelons que le même objet passe en votation dans les deux cantons en même temps, le 27 novembre. A Neuchâtel comme à Genève, les opposants tentent de faire croire au public non informé que le salaire minimum pourrait s'appliquer aux travailleurs dont la rémunération est actuellement plus élevée. Il est invraisemblable que certains patrons de notre pays osent proférer de pareilles contre-vérités : le projet prévoit uniquement d'interdire les salaires trop bas. Pour le reste, la liberté de négocier les salaires reste entière et aucune limite vers le haut n'est prévue pour l'instant, pas même pour les grands patrons (espérons que cela sera pour une autre fois). Pourtant, les opposants neuchâtelois comme genevois évoquent des « salaires fixés par l'Etat » et le député PDC Fabiano Forte ose parler de « salaire communiste ». S'il avait lu le Temps du 31 octobre (article de Nathalie Versieux), il saurait que même la CDU allemande (Christlich-demokratische Union, soit l'équivalent du PDC), a pris parti pour le salaire minimum. M.Forte imagine-t-il vraiment qu'Angela Merkel puisse être communiste ?
Lettre de lecteur envoyée au Temps
Lettre de lecteur envoyée au Temps
21 septembre 2011
De l'autoritarisme en pays de Neuchâtel
Annie Clerc, conseillère communale à La Chaux-de-Fonds, n'a pas avalé que le restaurant social Ekir ose contacter l'Impartial (édition du 2 septembre) pour demander une subvention plus élevée. Dans une lettre du 13 septembre, elle affirme sèchement : « Si une décision de subvention doit être remise en cause, elle devrait l'être par un courrier ou par une demande de rencontre ». Il y a un an (Impartial et Express du 9 juillet), Laurence Aellen, alors cheffe intérimaire du service de l'emploi, n'avait pas supporté les critiques de l'Association de défense des chômeurs parues dans les médias, s'indignant qu'une association subventionnée ose se retourner contre le service qui la subventionne. C'est à se demander si nos autorités ne s'inspirent pas de la philosophie de M.Bernasconi, ancien président de Xamax, qui avait affirmé que ceux qui n'ont pas d'argent devraient « fermer leur gueule ». Si tel est le cas, rappelons-leur que l'argent de l'Etat n'est pas leur propriété personnelle, mais bien celle des citoyens, et que chacun a le droit de porter une question sur la place publique. Rappelons aussi à Mme Clerc que le parti socialiste, qu'elle représente, n'a pas toujours demandé la permission avant de s'exprimer. Tel est également mon cas : j'écris cette lettre à titre strictement personnel, ne faisant pas partie de l'équipe d'Ekir, et j'espère donc que Mme Clerc ne se retournera pas contre eux.
Lettre envoyée à l'Impartial, qui n'a pas voulu la publier.
Lettre envoyée à l'Impartial, qui n'a pas voulu la publier.
29 août 2011
Chagaev l'affable
Le rêve de Xamax
Imaginons un instant que Xamax soit premier du championnat suisse et que son propriétaire Bulat Chagaev soit un type affable offrant des fleurs à ses joueurs après chaque match, quel que soit le résultat. Imaginons aussi que sa fortune ait été acquise de manière parfaitement légitime (quoique je peine à croire qu'on puisse devenir milliardaire en étant vraiment honnête). Eh bien, même si tout cela était vrai, je trouverais quand même toute cette histoire profondément pathétique. Il est consternant que M.Chagaev soit dépourvu de toute idée intelligente pour utiliser son argent. Alors qu'il pourrait financer des hôpitaux dans son pays, aider les plus pauvres ou promouvoir les énergies renouvelables, il préfère se payer un joujou bling-bling pour se faire reluire l'ego et promouvoir son image de marque. Par bonheur, il ne s'y est pas très bien pris. Cela nous évitera le spectacle consternant des fans criant « on est les meilleurs » simplement parce que leur club à plus d'argent que les autres.
Imaginons un instant que Xamax soit premier du championnat suisse et que son propriétaire Bulat Chagaev soit un type affable offrant des fleurs à ses joueurs après chaque match, quel que soit le résultat. Imaginons aussi que sa fortune ait été acquise de manière parfaitement légitime (quoique je peine à croire qu'on puisse devenir milliardaire en étant vraiment honnête). Eh bien, même si tout cela était vrai, je trouverais quand même toute cette histoire profondément pathétique. Il est consternant que M.Chagaev soit dépourvu de toute idée intelligente pour utiliser son argent. Alors qu'il pourrait financer des hôpitaux dans son pays, aider les plus pauvres ou promouvoir les énergies renouvelables, il préfère se payer un joujou bling-bling pour se faire reluire l'ego et promouvoir son image de marque. Par bonheur, il ne s'y est pas très bien pris. Cela nous évitera le spectacle consternant des fans criant « on est les meilleurs » simplement parce que leur club à plus d'argent que les autres.
05 juillet 2010
Pressions politiques sur l’ADC
La dernière assemblée de l’Association de défense des chômeurs de La Chaux-de-Fonds, tenue le 30 juin, a été honorée de la présence de Laurence Aellen, cheffe par intérim du Service de l’emploi. Mme Aellen est venue faire part de son mécontentement quant aux critiques émises envers l’ORP par la permanente de l’ADC, Virginie Rochat, qui avait dénoncé à la presse le cas d’une femme injustement exclue des prestations de l’assurance-chômage : "Elle s'est fait «piéger», comme beaucoup de chômeurs qui oublient que le conseiller ORP a aussi une casquette de policier"(Impartial et Express, 6 et 8 mai derniers). Mme Aellen a le droit de contester l’interprétation des faits en question. Mais elle a choqué la plupart des personnes présentes en rappelant haut et fort que l’ADC est subventionnée par « ses » services et en laissant clairement entendre que l’association a du soucis à se faire si elle ne se tient pas tranquille. Difficile de faire passer plus clairement le message « qui paye commande ». Permettons-nous donc de rappeler à Mme Aellen que ce n’est pas de son argent qu’il s’agit, mais bien de celui du contribuable. Toute démocratie a besoin de contre-pouvoirs, tout particulièrement notre canton dont le gouvernement est en panne de crédibilité. Il est donc tout à fait sain que l’ADC, subventionnée pour un travail social consistant à assister les personnes en difficulté sur le marché du travail, ait le droit de critiquer l’ORP.
02 janvier 2010
M.Frédéric Hainard est-il un voyant ?
En ce début d’année, l’Impartial et l’Express ont une curieuse tendance à rapporter les propos de personnes prétendant prévoir l’avenir. Après avoir consacré un article entier à un soi-disant voyant, ils nous ont fait part de la prédiction de… M.Frédéric Hainard, conseiller d’Etat.
Nous sommes un certain nombre à penser qu’il est regrettable qu’un article ait offert de la publicité gratuite à un diseur de bonne aventure, dont la profession consiste à exploiter la naïveté des personnes les moins éduquées et les plus fragiles pour leur soutirer un maximum d’argent. L’Impartial et l’Express sont même allés jusqu’à publier le numéro de téléphone de cet individu ! L'ayant appelé pour voir, je me suis vu proposer une consultation à 100 francs. A ce prix-là, on peut se demander si L’Impar et l’Express ont vraiment envie que leurs lecteurs soient fauchés au point de ne plus pouvoir payer leurs abonnements.
Quelques jours plus tard, soit le 9 janvier, ont pouvait lire que, selon M.Hainard, « la hausse du chômage pourrait se poursuivre jusqu'en 2013 ». Rien à reprocher ici à nos journaux préférés, qui n’ont fait que rapporter les propos d’un membre de notre gouvernement. Mais on peut s’interroger quant au sens des responsabilités d’un Conseiller d’Etat qui essaie de nous faire croire qu’il sait combien de temps va durer la crise. Evoquer une date précise relève d’un manque de respect pour les citoyens. M.Hainard devrait avoir le courage de nous avouer que, pas plus que quiconque, il ne peut prévoir la conjoncture économique plusieurs années à l’avance, car elle dépend de la combinaison des actes imprévisibles et souvent peu rationnels des habitants de toute la planète. Les économistes qui prétendent le contraire ne valent guère mieux que les voyants.
Mes seules prédictions pour 2013, c’est qu’il y aura des élections. Peut-être alors M.Hainard nous dira–t-il : « J’avais bien dit que l’économie irait mal jusqu’en 2013. Mais en 2014, tout ira mieux. Vous pouvez donc me réélire en toute confiance ». Bien sûr, le calcul que je prête à M.Hainard n’est qu’une interprétation. Mais s’il la conteste, qu’il nous dise alors par quelle savante équation, par quelle boule de cristal, par quelle illumination, la date de 2013 lui a été révélée.
On m'a dit que c'était passé
14 décembre 2009
Legrix tapis dans l'ombre
M.Pierre Hainard, conseiller communal chaux-de-fonnier démissionnaire et candidat au Parlement fédéral, n’est pas un UDC typique. Nombre d’observateurs avertis estiment d’ailleurs qu’il a participé à la création de l’UDC dans le canton uniquement par ambition personnelle, parce que c’était à l’époque la seule façon pour lui d’accéder au Conseil communal, pour lequel ses ex-camarades de parti, les radicaux, n’avaient pas voulu le désigner.
Son image d’UDC modéré et consensuel, encore largement fidèle aux idées radicales, permet à M.Hainard d’être apprécié au-delà des rangs de son parti: au dernières élections communales, plus de 30% de ses voix provenaient de l’électorat non-UDC. Ces électeurs se doutaient-ils alors que leurs voix allaient favoriser l’entrée à l’exécutif de la Chaux-de-Fonds du premier vient-ensuite, M.Jean-Charles Legrix, qui représente l’aile la plus dure et antisociale de l’UDC ? La question est plus importante qu’il n’y paraît, car le scénario pourrait se répéter prochainement. En effet, si les électeurs neuchâtelois propulsent M.Hainard à Berne le 17 janvier prochain, ils le placeront en position idéale pour être réélu en 2011. Rien n’indique alors qu’il ira au bout de son mandat : rappelons qu’il vient de démissionner d’un poste auquel il avait pourtant promis de rester quatre ans. S’il se retire, comme la loi aura changé, cela entraînera alors automatiquement l’élection de son premier vient-ensuite, dont on peut parier qu’il sera comme d’habitude M.Legrix. Avant de voter pour M.Hainard, les électeurs neuchâtelois feraient donc bien de se demander s’ils souhaitent vraiment prendre le risque de favoriser la carrière d’un représentant de l’aile dure de l’UDC…
04 décembre 2009
Une recette faite de bénévolat et de convivialité
Lieu social, le restaurant Ekir à La Chaux-de-Fonds inaugure une nouvelle façon de consommer.
C’est sans doute le meilleur rapport qualité-prix en ville de La Chaux-de-Fonds. Le restaurant Ekir vous accueille tous les midis du lundi au vendredi dans les anciens locaux de l’Association de défense des chômeurs, rue de la Serre 90, à deux pas de la gare. Le repas complet avec la salade, le dessert et la cruche d’eau posée sur la table ne coûte que sept francs pour les adultes et trois francs pour les enfants. Pour ceux qui souhaitent compléter par un verre de vin ou un café, les boissons sont toutes à un franc. Ekir est un lieu ouvert à tout un chacun, sans exception. Les clients qui se sentiraient gênés par les prix trop bas sont tout à fait libres de verser une contribution supplémentaire au moment de l’addition ou de glisser un petit quelque chose dans la boîte prévue à cet effet. A moins qu’ils ne préfèrent se contenter des soirées de soutien organisées de temps à autre, où le repas est à 20 francs.
Etre comme on est vraiment
Le secret tient en un mot : bénévolat. Certains sont là tous les jours ou presque, d’autres ne viennent qu’occasionnellement : ils sont plusieurs dizaines au total. Il suffit d’avoir « du temps et du cœur », que l’on soit débutant ou cuisinier chevronné. Rentiers AI, bénéficiaires de l’aide sociale, chômeurs ou sans-papiers font la cuisine, le service ou le nettoyage aux côtés de gens plus aisés, sans aucune différence de traitement. Peu importe que tous n’aient pas le même rythme de travail. Tous bénéficient d’un repas gratuit les jours où ils travaillent, mais viennent avant tout chercher le contact humain et le plaisir de donner quelque chose.
Programme d’insertion
Si le rendement n’est pas la préoccupation essentielle d’Ekir, cela n’empêche pas certaines personnes de faire preuve d’une efficacité et d’un sens des responsabilités remarquables, alors qu’elles sont rejetées par le marché de l’emploi, voire même considérées officiellement comme incapables de travailler. Elles expliquent ce paradoxe par l’absence d’obligations, l’absence de hiérarchie et le droit d’aller à leur propre rythme : « Ici, on peut être comme on est vraiment, pas comme dans la vraie vie ». Le plaisir de voir immédiatement le résultat de son travail est également invoqué, par opposition à ces usines où l’on fabrique des composants dont on ne sait même pas à quoi ils vont servir. Ekir est donc en quelque sorte un programme d’insertion autogéré. Là encore, le rapport qualité-prix est imbattable, car il n’y a pas besoin de salarier le moindre travailleur social, ce qui contribue également à renforcer l’attrait du lieu pour les gens qui ont des problèmes d’insertion. Ici, on n’est pas un « dossier » à traiter, mais simplement un collaborateur dont le travail est reconnu et apprécié et auquel les clients sont redevables.
Avis aux amateurs
Dans cette association sans comité et sans hiérarchie, chacun a son mot à dire à l’assemblée, où entre dix et vingt personnes planifient chaque mercredi soir le travail de la semaine suivante. Le menu hebdomadaire est ensuite largement diffusé, afin que les clients puissent choisir le jour dont le menu les allèche le plus. Le vendredi est le jour des spécialités, qui sont aussi variées que les origines géographiques des cuisiniers. Les bénévoles d’Ekir ne se contentent pas de faire de la restauration mais cultivent également un jardin, d’où ils tirent une partie de leurs légumes. Les murs de la salle à manger, qui accueillent pour l’instant les toiles de Samuel Müller, sont prêts à s’ouvrir à d’autres artistes. En soirée, Ekir abritait également un cybercafé encore très récemment, mais les locaux se sont finalement révélés inadaptés. Il y a donc de la place pour de nouvelles activités, avis aux amateurs.
Une grande ambition
Pourtant, la survie à long terme d’Ekir n’est pas encore complètement assurée. En effet, si le prix payé par les clients pour le repas couvre l’achat de la nourriture, l’association dépend pour son loyer de soutiens au coup par coup. Les négociations avec les autorités chaux-de-fonnières en vue d’une subvention permanente sont toujours en cours. Paradoxalement, le dossier est plus avancé avec la ville voisine, Le Locle, qui semble disposée à verser quelques milliers de francs par année à un restaurant social qui ne se trouve pourtant pas sur son territoire. Une ouverture d’esprit admirable qui permettra peut-être à Ekir de réaliser une de ses plus grandes ambitions : baisser le prix du repas…
Etre comme on est vraiment
Le secret tient en un mot : bénévolat. Certains sont là tous les jours ou presque, d’autres ne viennent qu’occasionnellement : ils sont plusieurs dizaines au total. Il suffit d’avoir « du temps et du cœur », que l’on soit débutant ou cuisinier chevronné. Rentiers AI, bénéficiaires de l’aide sociale, chômeurs ou sans-papiers font la cuisine, le service ou le nettoyage aux côtés de gens plus aisés, sans aucune différence de traitement. Peu importe que tous n’aient pas le même rythme de travail. Tous bénéficient d’un repas gratuit les jours où ils travaillent, mais viennent avant tout chercher le contact humain et le plaisir de donner quelque chose.
Programme d’insertion
Si le rendement n’est pas la préoccupation essentielle d’Ekir, cela n’empêche pas certaines personnes de faire preuve d’une efficacité et d’un sens des responsabilités remarquables, alors qu’elles sont rejetées par le marché de l’emploi, voire même considérées officiellement comme incapables de travailler. Elles expliquent ce paradoxe par l’absence d’obligations, l’absence de hiérarchie et le droit d’aller à leur propre rythme : « Ici, on peut être comme on est vraiment, pas comme dans la vraie vie ». Le plaisir de voir immédiatement le résultat de son travail est également invoqué, par opposition à ces usines où l’on fabrique des composants dont on ne sait même pas à quoi ils vont servir. Ekir est donc en quelque sorte un programme d’insertion autogéré. Là encore, le rapport qualité-prix est imbattable, car il n’y a pas besoin de salarier le moindre travailleur social, ce qui contribue également à renforcer l’attrait du lieu pour les gens qui ont des problèmes d’insertion. Ici, on n’est pas un « dossier » à traiter, mais simplement un collaborateur dont le travail est reconnu et apprécié et auquel les clients sont redevables.
Avis aux amateurs
Dans cette association sans comité et sans hiérarchie, chacun a son mot à dire à l’assemblée, où entre dix et vingt personnes planifient chaque mercredi soir le travail de la semaine suivante. Le menu hebdomadaire est ensuite largement diffusé, afin que les clients puissent choisir le jour dont le menu les allèche le plus. Le vendredi est le jour des spécialités, qui sont aussi variées que les origines géographiques des cuisiniers. Les bénévoles d’Ekir ne se contentent pas de faire de la restauration mais cultivent également un jardin, d’où ils tirent une partie de leurs légumes. Les murs de la salle à manger, qui accueillent pour l’instant les toiles de Samuel Müller, sont prêts à s’ouvrir à d’autres artistes. En soirée, Ekir abritait également un cybercafé encore très récemment, mais les locaux se sont finalement révélés inadaptés. Il y a donc de la place pour de nouvelles activités, avis aux amateurs.
Une grande ambition
Pourtant, la survie à long terme d’Ekir n’est pas encore complètement assurée. En effet, si le prix payé par les clients pour le repas couvre l’achat de la nourriture, l’association dépend pour son loyer de soutiens au coup par coup. Les négociations avec les autorités chaux-de-fonnières en vue d’une subvention permanente sont toujours en cours. Paradoxalement, le dossier est plus avancé avec la ville voisine, Le Locle, qui semble disposée à verser quelques milliers de francs par année à un restaurant social qui ne se trouve pourtant pas sur son territoire. Une ouverture d’esprit admirable qui permettra peut-être à Ekir de réaliser une de ses plus grandes ambitions : baisser le prix du repas…
16 novembre 2009
Assurance gratuite contre les islamistes
« Les loyers augmenteront si la nouvelle loi sur l’énergie est acceptée ». C’est que nous affirment certains milieux de l’immobilier dans l’Impartial du 15 novembre. En guise de preuve, ils nous brandissent le devis d’un seul immeuble et affirment que la loi entraînerait, pour un loyer de 950 francs, une augmentation de CHF 134.25, car les frais d’isolation du bâtiment ne seraient pas amortis par l’économie d’énergie réalisée. Toutefois, il n’est pas précisé que ce chiffre, prétentieusement donné au centime près, n’est qu’une estimation dépendante du prix du pétrole, qui augmentera à coup sûr dans un avenir pas si lointain. S’il n’est certes pas impossible que la loi sur l’énergie entraîne une hausse temporaire des dépenses de certains locataires, ceux-ci seront gagnants à la longue. De plus, l’argent dépensé pour améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments le sera dans la région et contribuera aux finances de l’Etat neuchâtelois plutôt qu'à celles de Khaddafi ou du régime Saoudien. Plutôt que de vouloir interdire des minarets totalement inoffensifs, j’espère que le peuple neuchâtelois aura la sagesse de se rendre moins dépendant des régimes islamistes et de prendre une assurance gratuite contre les prochains chocs pétroliers en votant OUI à la nouvelle loi sur l’énergie.
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