Ce blog rassemble pour l'essentiel mes textes parus dans la presse suisse romande, notamment dans l'Impartial/l'Express, Gauchebdo, le Courrier, Domaine public et le Temps.
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13 juin 2013

Fichés et saignés pour 30 centimes !

Vous est-il déjà arrivé de vous tromper de billet dans les transports publics ? Certainement oui, à moins que vous ne les preniez jamais. Entre autres pièges, citons la documentation de TransN (Transports publics neuchâtelois), qui précise que le « court parcours » à 1.90 est valable pour 30 minutes, indépendamment du nombre d'arrêts, sur « les réseaux urbains respectifs des villes de La Chaux-de-Fonds et du Locle ». Seul le mot « respectif » indique que pour un trajet d'une ville à l'autre, le billet est à 2.20. Cette petite inattention à 30 centimes suffit à faire de vous un « semi-fraudeur » et vous donnera droit à un fichage en règle dans les dossiers de TransN, ainsi qu'à une amende de 75 francs, soit 250 fois le montant de votre étourderie. Si, indigné par ce multiplicateur astronomique, vous refusez de vous en acquitter immédiatement, l'amende passera alors à 140 francs après une dizaine de jours, soit 467 fois le montant de votre « semi-fraude », comme cela est arrivé récemment à une dame de 78 ans. Le but de TransN est-il de servir la population ou de la dégoûter des transports publics?

03 avril 2012

A la gloire d'un compagnon de Pinochet.

Valparaíso, deuxième ville du Chili. Au sommet d'une de ses 45
collines trône le Musée naval et maritime. A l'entrée, une inscription
nous fait savoir que nous ne sommes pas là pour rêver aux vastes
espaces de l'océan, comme nous nous l'imaginions peut-être naïvement:
"Tu entres dans l'enceinte qui garde les reliques de ceux qui, par
leurs faits héroïques dans la guerre, et par leur conduite sage et
honorable dans la paix, ont rendu grand et respecté le nom de notre
marine". Une partie importante du musée glorifie les héros de la
Guerre du Pacifique (1879-1883) qui permit au Chili d'étendre son
territoire vers le nord sur près de 600km, s'appropriant ainsi de
lucratifs gisements de nitrates. Rien n'est prévu pour ménager les
sentiments des pays amputés par l'expansionnisme chilien, la Bolivie
et le Pérou.
Malgré cette atmosphère nationaliste et militariste, le visiteur
s’étonne néanmoins, au deuxième étage, de se retrouver dans une salle
dédiée à la mémoire de l'Amiral José Toribio Merino (1915-1996), un
des principaux instigateurs du coup d'Etat militaire du 11 septembre
1973 et un des quatre membres d'une junte militaire qui assassina des
milliers de personnes. Son portrait grandeur nature domine la salle et
on peut admirer la décoration reçue pour sa participation au coup
d'Etat. Ce fut lui en effet qui entraîna dans l'aventure le futur chef
de la junte, le tristement célèbre Augusto Pinochet (1915-2006). Dans
une missive du 9 septembre Merino prévint "Augusto" de l'imminence du
coup: "Sur ma parole d'honneur, le jour J sera le 11 et l'heure H sera
6h". "Si tu ne mets pas toute la force de Santiago dès le début, nous
ne vivrons pas pour voir le futur".
Le musée présente la proclamation faite le 11 septembre par Merino:
"Ceci n'est pas un coup d'Etat, car c'est un type de schéma qui ne
correspond pas à notre manière d'être et répugne à notre conscience
légaliste et notre profonde conviction civique. Nous poursuivons
uniquement le rétablissement d'un Etat de droit conforme aux
aspirations de tous les Chiliens...". Pas un mot sur l'absence
d'élections pendant les 17 années suivantes. "Formés à une école de
civisme, de respect pour la personne humaine, de vie en commun, de
justice et de patriotisme, nous ne poursuivons pas de finalité autre
que le bonheur de tous les Chiliens, quelle que soit leur condition,
afin qu'ils puissent vivre dans la paix et la tranquilité, sans
crainte du lendemain pour eux-mêmes ou leurs enfants." Pas un mot sur
les tortures.
Le sentimentalisme n'est pas pour autant absent de la salle. On peut
admirer les armoiries de la famille Merino, les photos de José Toribio
Merino enfant et de sa maison natale, ainsi que de son mariage, sans
oublier la douille tirée par l'escadre nationale lors de son accession
au grade de vice-amiral et une photo en compagnie de Jean-Paul II.
Sont également exposés quelques bibelots, cadeaux reçus par Merino de
la part du roi Juan Carlos d'Espagne, du vice-amiral Edwards de la
Britsh Royal Navy et du commandant en chef des forces d'opération de
la marine américaine. L'industrie minière a également offert un petit
souvenir à l'amiral, ce qui était la moindre des choses. Rappelons en
effet que la junte de Pinochet restitua aux industriels les mines
nationalisées par le président socialiste Salvador Allende
(1908-1973), celui-là même qui fut renversé par le coup d'Etat.
On peut également voir une statue en bronze de José Merino devant le
musée et en 1997 la marine chilienne a baptisé un de ses nouveaux
navires "Almirante Merino". Autant de preuves, s'il en fallait encore,
que la junte de Pinochet, 22 ans après de retour à la démocratie,
compte encore de nombreux partisans.

03 janvier 2010

Terrorisme : éduquer pour prévenir

Le monde entier est consterné qu’un jeune homme de bonne famille nigériane comme Abdul Farouk Omar Abdulmutallab ait tenté de se faire sauter en compagnie de près de trois cent passagers du vol Amsterdam-Détroit. Pourtant, qu’un fils de banquier devienne terroriste, cela n’est pas si étonnant (même si cela aurait pu être
détonnant).

Les banquiers adorent Pluton, le dieu de la richesse et des enfers. Ils cherchent l’enrichissement personnel, financent les marchands d’armes et sont prêts en toute mauvaise conscience à exterminer des masses humaines à petit feu, en s’alliant à des vendeurs de tabac, de pétrole ou de boissons sucrées. Ils espèrent que cela se sache le moins possible. Ils recrutent des armées d’avocats pour contourner les
lois des hommes.

Les terroristes vénèrent Allah. Ils sont prêts à sacrifier leur vie,sont client des marchants d’armes et considèrent que leur devoir est de tuer des infidèles à coup de grandes explosions. Ils font tout pour faire parler d’eux. Ils pensent que seul Dieu peut les juger.

Même si tant de différences nous interdisent tout amalgame, force est de constater que les uns comme les autres considèrent que la fin justifie les moyens. Le destin d’Abdul Farouk Omar Abdulmutallab n’est donc pas si illogique qu’on essaie de nous le faire croire. Il convient donc dès à présent que les services secrets du monde
entier surveillent de plus près l’éducation des enfants de banquiers. Peut-être même faudrait-il les confier à des institutions spécialisées. Nous devons nous mobiliser sans tarder, car notre
sécurité en dépend.

C'est bien évident, cela n'a été publié nulle part!