Ce blog rassemble pour l'essentiel mes textes parus dans la presse suisse romande, notamment dans l'Impartial/l'Express, Gauchebdo, le Courrier, Domaine public et le Temps.
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13 juin 2013

FAUTE DE LOGIQUE

Il existe une loi économique peu connue, mais pourtant évidente, qu'on pourrait appeler "loi de la conservation de l'argent". En effet, dans n'importe quelle transaction marchande, la quantité d'argent qui entre dans la poche du vendeur est strictement égale à ce qui sort de la poche de l'acheteur. Seules les banques, ainsi que les faux monnayeurs, peuvent fabriquer l'argent que les simples citoyens doivent se contenter de faire circuler, ne pouvant gagner que ce qui est dépensé par d'autres. C'est donc à tort que certaines personnes un peu snobs, plutôt que d'utiliser l'expression simple et correcte "gagner de l'argent", préfèrent dire "faire de l'argent", (probablement par imitation de l'anglais "make money"). Il s'agit-là d'une faute de logique que les professeurs de français devraient souligner trois fois en rouge. Il en va de même du titre de l'article de l'Express et l'Impar du 8 juin: "En Suisse, la publicité génère 5,7 milliards de francs par an". Cette somme colossale, d'un ordre de grandeur comparable au budget de l'armée, n'est bien entendu ni "générée" ni "créée", mais sort tout simplement de la poche des consommateurs. A chaque fois que ceux-ci payent les intérêts d'un petit crédit, achètent des cigarettes, de l'alcool, une voiture, un gadget électronique ou à peu près n'importe quoi d'autre, une partie du prix d'achat sert à financer la pub, qui, au total, finit par nous coûter vraiment très cher.

29 août 2011

Chagaev l'affable

Le rêve de Xamax

Imaginons un instant que Xamax soit premier du championnat suisse et que son propriétaire Bulat Chagaev soit un type affable offrant des fleurs à ses joueurs après chaque match, quel que soit le résultat. Imaginons aussi que sa fortune ait été acquise de manière parfaitement légitime (quoique je peine à croire qu'on puisse devenir milliardaire en étant vraiment honnête). Eh bien, même si tout cela était vrai, je trouverais quand même toute cette histoire profondément pathétique. Il est consternant que M.Chagaev soit dépourvu de toute idée intelligente pour utiliser son argent. Alors qu'il pourrait financer des hôpitaux dans son pays, aider les plus pauvres ou promouvoir les énergies renouvelables, il préfère se payer un joujou bling-bling pour se faire reluire l'ego et promouvoir son image de marque. Par bonheur, il ne s'y est pas très bien pris. Cela nous évitera le spectacle consternant des fans criant « on est les meilleurs » simplement parce que leur club à plus d'argent que les autres.

23 juillet 2011

La Grèce ou les banques: qui sauve-t-on?

En grec, «langue de bois » pourrait se traduire par « xyloglossie ». C'est ce que pratique largement la presse en ânonnant que les dirigeants européens se sont mis d'accord, jeudi 21 juillet, pour « sauver la Grèce ». En réalité, on va continuer à imposer à ce pays une politique d'austérité qui va bloquer son économie pour de longues années. Ce qu'on a sauvé, c'est une fois de plus les banques, qui, grâce à la générosité des contribuables européens, ne vont perdre que 20% de l'argent qu'elles avaient prêté à la Grèce et que ce pays ne peut pas rembourser. Quel beau métier que banquier: encaissez les bénéfices quand vous faites de bonnes affaires et faites vous indemniser par l'Etat quand vous en faites de mauvaises!

15 septembre 2010

Le PLR est-il vraiment contre la bureaucratie?

Difficile de ne pas hurler de rire en apprenant qu'un parti gouvernemental, en l'occurrence le Parti libéral-radical, lance une initiative pour lutter contre la bureaucratie. La « montagne de papier » qu'ils dénoncent à juste titre, c'est eux qui l'ont érigée.

Lorsque dans les années 60, le POP a lancé une initiative pour augmenter les rentes AVS, les partis gouvernementaux ont préféré créer le deuxième pilier. Deux systèmes de retraite au lieu d'un: bravo pour la simplicité. Des centaines de milliers de gens sont obligés de changer de caisse-maladie chaque année et la droite ose appeler cela libre choix. Dans nôtre drôle de pays, plutôt que de calculer en une seule fois l'argent que le salarié doit à la collectivité (ou l'inverse), différents services facturent séparément impôt cantonal, impôt fédéral, AVS-AI, deuxième pilier, assurance-maladie, assurance-accidents, taxe déchet, voire taxe militaire, tout en reversant simultanément des allocations familiales et des subsides pour l'assurance-maladie. Autant imaginer un supermarché avec des caisses séparées pour les bananes, les raisins secs, les melons et la salade. Tout cela complique non seulement la vie des citoyens, en particulier les petits entrepreneurs, mais amène également toutes sortes d'injustices et d'incohérences, comme ces cas de personnes qui se retrouvent avec moins d'argent quand leur salaire augmente. La seule fonction de cette ridicule usine à gaz, c'est de donner argent, pouvoir et prestige aux juristes et aux politiciens qui la maîtrisent.

Impossible de ne pas signer une initiative qui affirme que «toute personne a droit à des lois compréhensibles et à leur application simple, non bureaucratique et efficace», mais non sans dénoncer le double jeu de ceux qui la lancent.

05 juillet 2010

Pressions politiques sur l’ADC

La dernière assemblée de l’Association de défense des chômeurs de La Chaux-de-Fonds, tenue le 30 juin, a été honorée de la présence de Laurence Aellen, cheffe par intérim du Service de l’emploi. Mme Aellen est venue faire part de son mécontentement quant aux critiques émises envers l’ORP par la permanente de l’ADC, Virginie Rochat, qui avait dénoncé à la presse le cas d’une femme injustement exclue des prestations de l’assurance-chômage : "Elle s'est fait «piéger», comme beaucoup de chômeurs qui oublient que le conseiller ORP a aussi une casquette de policier"(Impartial et Express, 6 et 8 mai derniers). Mme Aellen a le droit de contester l’interprétation des faits en question. Mais elle a choqué la plupart des personnes présentes en rappelant haut et fort que l’ADC est subventionnée par « ses » services et en laissant clairement entendre que l’association a du soucis à se faire si elle ne se tient pas tranquille. Difficile de faire passer plus clairement le message « qui paye commande ». Permettons-nous donc de rappeler à Mme Aellen que ce n’est pas de son argent qu’il s’agit, mais bien de celui du contribuable. Toute démocratie a besoin de contre-pouvoirs, tout particulièrement notre canton dont le gouvernement est en panne de crédibilité. Il est donc tout à fait sain que l’ADC, subventionnée pour un travail social consistant à assister les personnes en difficulté sur le marché du travail, ait le droit de critiquer l’ORP.

02 janvier 2010

M.Frédéric Hainard est-il un voyant ?


En ce début d’année, l’Impartial et l’Express ont une curieuse tendance à rapporter les propos de personnes prétendant prévoir l’avenir. Après avoir consacré un article entier à un soi-disant voyant, ils nous ont fait part de la prédiction de… M.Frédéric Hainard, conseiller d’Etat.
Nous sommes un certain nombre à penser qu’il est regrettable qu’un article ait offert de la publicité gratuite à un diseur de bonne aventure, dont la profession consiste à exploiter la naïveté des personnes les moins éduquées et les plus fragiles pour leur soutirer un maximum d’argent. L’Impartial et l’Express sont même allés jusqu’à publier le numéro de téléphone de cet individu ! L'ayant appelé pour voir, je me suis vu proposer une consultation à 100 francs. A ce prix-là, on peut se demander si L’Impar et l’Express ont vraiment envie que leurs lecteurs soient fauchés au point de ne plus pouvoir payer leurs abonnements.
Quelques jours plus tard, soit le 9 janvier, ont pouvait lire que, selon M.Hainard, « la hausse du chômage pourrait se poursuivre jusqu'en 2013 ». Rien à reprocher ici à nos journaux préférés, qui n’ont fait que rapporter les propos d’un membre de notre gouvernement. Mais on peut s’interroger quant au sens des responsabilités d’un Conseiller d’Etat qui essaie de nous faire croire qu’il sait combien de temps va durer la crise. Evoquer une date précise relève d’un manque de respect pour les citoyens. M.Hainard devrait avoir le courage de nous avouer que, pas plus que quiconque, il ne peut prévoir la conjoncture économique plusieurs années à l’avance, car elle dépend de la combinaison des actes imprévisibles et souvent peu rationnels des habitants de toute la planète. Les économistes qui prétendent le contraire ne valent guère mieux que les voyants.
Mes seules prédictions pour 2013, c’est qu’il y aura des élections. Peut-être alors M.Hainard nous dira–t-il : « J’avais bien dit que l’économie irait mal jusqu’en 2013. Mais en 2014, tout ira mieux. Vous pouvez donc me réélire en toute confiance ».  Bien sûr, le calcul que je prête à M.Hainard n’est qu’une interprétation. Mais s’il la conteste, qu’il nous dise alors par quelle savante équation, par quelle boule de cristal, par quelle illumination, la date de 2013 lui a été révélée.

On m'a dit que c'était passé 

14 décembre 2009

Legrix tapis dans l'ombre

M.Pierre Hainard, conseiller communal chaux-de-fonnier démissionnaire et candidat au Parlement fédéral, n’est pas un UDC typique. Nombre d’observateurs avertis estiment d’ailleurs qu’il a participé à la création de l’UDC dans le canton uniquement par ambition personnelle, parce que c’était à l’époque la seule façon pour lui d’accéder au Conseil communal, pour lequel ses ex-camarades de parti, les radicaux, n’avaient pas voulu le désigner.
Son image d’UDC modéré et consensuel, encore largement fidèle aux idées radicales, permet à M.Hainard d’être apprécié au-delà des rangs de son parti: au dernières élections communales, plus de 30% de ses voix provenaient de l’électorat non-UDC. Ces électeurs se doutaient-ils alors que leurs voix allaient favoriser l’entrée à l’exécutif de la Chaux-de-Fonds du premier vient-ensuite, M.Jean-Charles Legrix, qui représente l’aile la plus dure et antisociale de l’UDC ? La question est plus importante qu’il n’y paraît, car le scénario pourrait se répéter prochainement. En effet, si les électeurs neuchâtelois propulsent M.Hainard à Berne le 17 janvier prochain, ils le placeront en position idéale pour être réélu en 2011. Rien n’indique alors qu’il ira au bout de son mandat : rappelons qu’il vient de démissionner d’un poste auquel il avait pourtant promis de rester quatre ans. S’il se retire, comme la loi aura changé, cela entraînera alors automatiquement l’élection de son premier vient-ensuite, dont on peut parier qu’il sera comme d’habitude M.Legrix. Avant de voter pour M.Hainard, les électeurs neuchâtelois feraient donc bien de se demander s’ils souhaitent vraiment prendre le risque de favoriser la carrière d’un représentant de l’aile dure de l’UDC…

16 novembre 2009

Assurance gratuite contre les islamistes

« Les loyers augmenteront si la nouvelle loi sur l’énergie est acceptée ». C’est que nous affirment certains milieux de l’immobilier dans l’Impartial du 15 novembre. En guise de preuve, ils nous brandissent le devis d’un seul immeuble et affirment que la loi entraînerait, pour un loyer de 950 francs, une augmentation de CHF 134.25, car les frais d’isolation du bâtiment ne seraient pas amortis par l’économie d’énergie réalisée. Toutefois, il n’est pas précisé que ce chiffre, prétentieusement donné au centime près, n’est qu’une estimation dépendante du prix du pétrole, qui augmentera à coup sûr dans un avenir pas si lointain. S’il n’est certes pas impossible que la loi sur l’énergie entraîne une hausse temporaire des dépenses de certains locataires, ceux-ci seront gagnants à la longue. De plus, l’argent dépensé pour améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments le sera dans la région et contribuera aux finances de l’Etat neuchâtelois plutôt qu'à celles de Khaddafi ou du régime Saoudien. Plutôt que de vouloir interdire des minarets totalement inoffensifs, j’espère que le peuple neuchâtelois aura la sagesse de se rendre moins dépendant des régimes islamistes et de prendre une assurance gratuite contre les prochains chocs pétroliers en votant OUI à la nouvelle loi sur l’énergie.

29 avril 2009

Démocratie à la mode Raiffeisen


Je me souviens il y a quelques années avoir vu à la télévision une assemblée des actionnaires de l’UBS où deux ou trois « gros » actionnaires, debout au premier rang, mettaient à eux seuls en minorité une salle entière de petits actionnaires en colère. Une telle chose n’est évidemment pas possible dans une coopérative comme la banque Raiffeisen des Montagnes neuchâteloises, qui a tenu son assemblée le 24 avril dernier : la voix de chacun des 619 coopérateurs présents au Locle avait la même valeur. Etant de ceux qui croient que la démocratie ne doit pas s’arrêter aux portes des entreprises, j’y ai proposé que Raiffeisen Montagnes neuchâteloises prenne position contre les salaires abusifs des dirigeants de Raiffeisen Suisse et se prononce en faveur d’un plafonnement à 600 000 francs par an du salaire du directeur, qui se déplacerait paraît-il en jet privé et gagnerait un ou deux millions par année (Je m’excuse de l’imprécision, mais le Conseil d’administration de Raiffeisen Montagnes neuchâteloises n’a pas été en mesure de me donner des chiffres plus précis, faisant preuve d’un étonnant manque d’intérêt pour un sujet qui devrait pourtant le concerner au premier chef).
Je dois avouer que j’ai un peu honte de ma modération presque extrémiste, sachant ce que 600 000 francs représentent pour la plupart des gens, sachant aussi que nombreuses personnes dont l’activité demande des qualités bien plus pointues que celles d’un directeur de banque se contentent de rémunération infiniment moins élevés. Bien des banquiers nous ont d’ailleurs prouvé ces derniers temps que les salaires pharaoniques ne sont nullement une preuve de compétence. 
Pourtant, le président du Conseil d’administration a refusé de mettre ma proposition au vote, sans même m’expliquer pourquoi il s'y  opposait. Il m’a simplement expliqué que le Conseil d’administration détient la prérogative exclusive de fixer l’ordre du jour de l’Assemblée des coopérateurs, dont les compétences sont ainsi extrêmement réduites, puisqu'elle doit se contenter de dire "oui" ou "non" à ce qu'on lui propose. Et c’est ainsi que j’ai découvert les limites de la démocratie à la mode Raiffeisen... Reconnaissons malgré tout que la fondue chinoise offerte était excellente.


Non publié

21 mars 2009

Subvention communale pour les lave-vaisselle


« Le métal que nous récupérons n’est pas assez propre ! » C’est ce que le Conseil communal de La Chaux-de-Fonds, présent in corpore hier soir à Espacité, tenait à faire savoir à la population. Cause du problème : les gens ne lavent pas assez bien les boîtes de conserves usagées. Beaucoup se contentent de nettoyer à la main, alors que les instructions figurant sur les bennes de récupération sont pourtant sans ambiguïté, comme nos lecteurs pourront le vérifier sur la photo ci-contre.  « Beaucoup trop de bactéries  survivent sans aucune difficulté à un lavage à la main et sécrètent ensuite des acides qui rendent problématique la cohésion du métal en fusion ». Pour assurer un recyclage optimal, le lave-vaisselle est indispensable.
Malgré tout, nos autorités reconnaissent qu’il n’est pas à la portée de tous d’accomplir ce devoir civique. « Il faut bien se rendre compte que tout le monde n’a pas les moyens de s’acheter un lave-vaisselle », nous a rappelé un conseiller communal, « la Ville serait mal venue de faire la morale à ces gens sans leur donner les moyens d’agir ». Raison pour laquelle les personnes qui ne posséderaient pas encore de lave-vaisselle et auraient des difficultés à en acheter un peuvent dès à présent d’adresser à l’administration communale, qui leur octroiera, selon leur situation, des aides ciblées sous forme de prêts ou de dons. 

Non publié

15 mars 2009

Endettement : agir à la source du problème



L’impartial et l’Express du 13 mars nous apprennent que nous sommes «
champions de Suisse » de l’endettement et que le conseiller d’Etat
Roland Débely veut « comprendre les mécanismes », puis « définir des
mesures » pour « atténuer les effets néfastes». On peut pourtant se
demander si le gouvernement cantonal ne devrait pas commencer par
balayer devant sa porte. Rappelons en effet qu’il a renoncé à
introduire un prélèvement à la source de l'impôt alors que les retards
de payement sont une cause importante de paupérisation, même pour les
« bons contribuables ». Ayant moi-même aidé les gens à remplir leurs
feuilles d’impôts au secrétariat du POP (qui est spécialisé dans cette
tâche depuis pas mal d’années), j’en ai rencontrés beaucoup qui ne
savaient pas que les bulletins de versement qu’ils reçoivent au cours
de l’année ne reposent que sur des estimations. Ayant tout payé
ponctuellement, ces contribuables expriment une stupéfaction
désespérée lorsque je leur explique qu’ils devront encore verser des
milliers de francs. L’Etat devrait, au strict minimum, mieux informer
les populations à risque : jeunes en fin de formation, étrangers qui
obtiennent un permis C (et ne sont donc plus imposés à la source comme
les permis B), chômeurs dont le revenu augmentera lorsqu’ils
retrouveront du travail.
L’autre source d’endettement importante est bien sûr le petit crédit.
Là encore, la volonté affichée par le Conseil d’Etat contraste avec
les affiches publicitaires omniprésentes qui incitent les gens à
s’endetter à des taux d’intérêts très élevés, alors que dans bien des
cas d’autres solutions existent (par exemple, négocier des facilités
de payement avec le dentiste coûte moins cher que d’emprunter à 12%).
La publicité jouant un rôle très important dans l’éducation de la
population, il semble évident que des messages incitant les gens à se
mettre dans la m… devraient être interdits. Si M.Debély voulait nous
convaincre de sa bonne foi, il devrait prendre clairement position en
faveur d’une loi fédérale allant dans ce sens.

09 janvier 2009

Avancée démocratique: inquiétude des autorités helvétiques.

Plus de 60 000 signatures valables ont été récoltées contre la loi sur le
passeport biométrique. Phénomène extraordinaire, car, comme nous le disent
l'Impar et l'Express du 8 janvier, "ce résultat n'a pas été obtenu par une
grande organisation politique ou de société civile: c'est le résultat des
efforts de groupes de jeunes qui ont su exploiter Internet en leur faveur"
(même si L'Impar et l'Express omettent de mentionner certaines
organisations ayant participé à la récolte de signatures, comme par
exemple le POP et le fan-club du FC Zurich).
Le vice-chancelier de la Confédération nous le rappelle: "Il n'y a eu
aucun vrai débat préalable lorsque la question a été discutée aux
Chambres". Il est réjouissant de
constater que les citoyens, ne se sentant pas représentés par le monde
politique, ont décidé d'agir.
Bizarrement, nos autorités semblent plutôt s'inquiéter de cette
vitalité démocratique. Le Conseil fédéral a entamé une réflexion,
préoccupé non par le fait que la loi avait été votée sans vrai débat,
mais au contraire par la réaction des citoyens, parce qu'il serait
devenu trop facile, à cause d'Internet, de récolter des signatures.
Nos ministres reprendraient-ils à leur compte la fameuse phrase de
Berthold Brecht: "le gouvernement a perdu la confiance du peuple, il
faut changer le peuple"?
Cette fantastique récolte de signature m'amène à en espérer d'autres,
notamment au sujet du scandaleux montage financier concocté l'an
dernier au profit de l'UBS. Pour être bref, et contrairement à ce
qu'avancent MM. Merz et Couchepin, tout a été combiné pour que cette
banque ne doive pas rembourser la totalité de l'argent qu'on lui
prête. Devant ce scandale, le recours à la démocratie directe s'impose
et l'idée d'une initiative fédérale a été avancée dans ce canton à la
fin de l'an dernier. Les événement récents m'incitent à espérer que
les pessimistes se trompent quand ils affirment que la récolte de 100
000 signatures représenterait une tâche trop gigantesque pour être
réalisée sans le soutien d'un grand parti politique.

01 octobre 2006

Chiffres et réalité

Je ne sais pas si les psychiatres ont inventé un mot pour désigner la maladie qui consiste à croire que les chiffres sont plus importants que la réalité. Ce qui est sûr, c'est  que les collectivités publiques attachent plus d'importance à leurs comptes qu'à leur véritable situation économique. Ainsi, parmi les raisons qui, au soir du 3 octobre, ont poussé le Conseil général à vendre l'immeuble communal Bel-Air 51, le « bénéfice » (L'Impartial, 5.10) réalisé a pesé de manière importante, vu la situation préoccupante des comptes de la Ville.
Pourtant, quand la Ville vend un immeuble pour 915 000 francs, elle se retrouve certes avec 915 000 francs de plus sur son compte en banque, mais elle cesse de posséder un objet qui valait 915 000 francs. On peut retourner cela dans tous les sens, on n'arrivera jamais à démontrer comment la Ville peut être plus riche après qu'avant.
On m'a expliqué que dans le bilan de la Ville, l'immeuble était évalué à seulement 589 000 francs. Par conséquent, la vente à 915 000 francs permettait d'améliorer les comptes de 326 000 francs. Pourtant, si un promoteur immobilier est prêt à mettre 915 000 francs pour l'immeuble, on peut être sûr qu'il vaut au minimum cette somme. Par conséquent, il paraîtrait logique de corriger le bilan : un immeuble dont on croyait qu'il ne valait que 589 000 francs en vaut en réalité 915 000. Nous sommes donc plus riches de 325 000 francs que ce que nous croyions, que nous vendions l'immeuble ou pas. Il ne reste plus qu'à fêter ça !
Mais tout n'est pas si simple. Pour modifier la valeur de ses biens immobiliers dans son bilan, la Ville a besoin de l'autorisation du Canton. Et elle ne peut recourir à de telles opérations que tous les cinq ans. Aussi hallucinant que cela puisse paraître, il existe une loi qui interdit au bilan de la Ville de correspondre à la réalité !
On aurait envie de dire qu'il ne faut pas attacher autant d'importance aux comptes de la Ville, qui ne sont après tout que des jeux d'écriture, et qu'il faut raisonner en fonction de la réalité, en l'occurrence des murs de pierre bien solides dans lesquels des citoyens peuvent habiter. Le hic, c'est que si la Ville n'équilibre pas ses comptes, elle risque d'être mise sous tutelle par le Canton.
Et c'est pour cela que lundi, nos élus ont pris une décision en fonction d'un « bénéfice » purement fictif, alors qu'il s'agit d'un enjeu de société pourtant fondamental, qui est de savoir s'il vaut mieux que la Ville garde la propriété de ses immeubles ou les vende à des privés.
Cela est suffisamment grave en soi, mais par dessus le marché, la Ville, qui avait reçu par le passé 58 000 francs de subsides fédéraux pour cet immeuble, doit maintenant les rembourser. En lieu et place du bénéfice annoncé, la Ville a donc, en réalité, perdu de l'argent !

Publié dans Gauchebdo, l'Impartial et l'Express